Sous le microscope électronique, ça n’a l’air de rien : Tetrahymena thermopila est un organisme unicellulaire on ne peut plus simple, couvert d’appendices qu’on désigne sous le nom de « cils ». Pourtant, son étude est en voie d’ouvrir la porte à d’importantes découvertes dans des domaines aussi variés que la médecine et les sciences du milieu.
« Ces organismes ont des composantes similaires aux cellules mammaliennes, ce qui en fait de bons modèles biologiques », explique Ronald Pearlman de la York University, qui s’évertue depuis des années à pénétrer les secrets de Tetrahymena. Tetrahymena a cependant l'avantage d'être plus facile à reproduire et à manipuler.
Parmi ces composantes fondamentales, il y a les cils vibratiles (qu’il ne faut pas confondre avec les poils qui garnissent le bord des paupières!). Chez l’être humain, les cils remplissent des fonctions variées — ils servent à établir des connexions entre les cellules nerveuses de nos yeux et empêchent la poussière d’entrer dans nos poumons. Quand les cils sont affectés, il s’ensuit des maladies respiratoires, des problèmes rénaux et des troubles neurologiques.
M. Pearlman et ses collègues étudient Tetrahymena et d’autres organismes unicellulaires au moyen du matériel de pointe au laboratoire de biologie moléculaire fondamentale et de séquençage d’ADN de la York University, financé en partie par le Fonds ontarien pour l’innovation. Grâce à des techniques de pointes comme la spectrométrie de masse, M. Pearlman a identifié bon nombre des protéines de base de Tetrahymena thermopila. La prochaine étape consistera à déterminer quel rôle jouent celles-ci dans la croissance et le fonctionnement des cils. Les recherches fondamentales de M. Pearlman pourraient servir de base à l'élaboration de traitements contre diverses maladies liées aux cils.




