Des recherches en cours à la University of Windsor pourraient jeter un nouvel éclairage sur les premiers stades du diabète. Littéralement.
M. Bulent Mutus, chimiste, y explore la possibilité d’utiliser la lumière pour mesurer l’oxyde nitrique dans le revêtement des vaisseaux sanguin. Une carence peut rendre « collantes » les parois des vaisseaux, augmentant le risque de caillots — un phénomène qui précède souvent l’apparition du diabète ou l’accompagne. Le test qu’il travaille à mettre au point repose sur l’utilisation d’une sonde fluorescente, c’est‑à‑dire l’injection de molécules photosensibles dans un échantillon cellulaire. S’il renferme de l’oxyde nitrique, l’échantillon « scintillera » sous l’effet de certaines longueurs d'ondes lumineuses.
La recherche de M. Mutus ouvre la voie à la conception d’un nouveau traitement, propre à réduire considérablement le risque de formation de caillots et de dégénérescence des artères chez les diabétiques. Son approche se fonde sur des médicaments courants de réduction de la cholestérolémie, qui ont pour effet d’augmenter la production d’oxyde nitrique. « Ce sont des médicaments d’ordonnance faciles d’accès », explique M. Mutus qui se montre très enthousiaste devant les bienfaits qui pourraient en résulter pour les diabétiques.
Pour faire la lecture de la sonde fluorescente, M. Mutus utilise le matériel d’imagerie sophistiqué du centre de caractérisation et de dynamique biomoléculaire de la University of Windsor, matériel dont l’acquisition a été en partie financée par le Fonds ontarien pour l’innovation. M. Mutus et ses collègues utilisent aussi le matériel du centre pour explorer d’autres avenues de « photobiologie », y compris les agents anticancérigènes injectés directement dans les tumeurs et activés par la lumière.




