Vous l'avez appris dès votre plus tendre enfance : pour y voir plus clair, il faut allumer la lumière. Mais au niveau atomique, les règles normales tendent à voler en éclat. Pour distinguer les détails à cette échelle, une lumière ordinaire ne suffit pas. Les éclairages standard, indépendamment de la force des ampoules utilisées, n'offrent pas une luminosité suffisante; leurs combinaisons de longueurs d'onde sont trop chaotiques.
Ce qu'il faut, c'est une puissante source lumineuse à spectre continu, dont on peut isoler et contrôler précisément chaque longueur d'onde, autrement dit un synchrotron — un outil à ce point utile et polyvalent qu'on l'a surnommé le « couteau multilame » de la science moderne. Et maintenant le Canada a le sien : le Centre canadien de rayonnement synchrotron, à Saskatoon (Saskatchewan), logé dans un immeuble de la taille d'un terrain de football.
Le synchrotron consiste en une source d'électrons produisant des faisceaux lumineux d'une grande intensité, lesquels sont ensuite accélérés dans un anneau avant d'être redistribués par des lignes de lumière; ce rayonnement est alors filtré de manière à obtenir des longueurs d'onde précises avant d'atteindre sa cible. Le rayonnement synchrotron a la brillance d'un million de soleils et permet de voir dans la matière des détails et structures qui resteraient autrement inaccessibles aux scientifiques.




