« Quand vous consultez un médecin, il peut expliquer tout au plus le tiers de ce qui se passe à l’intérieur de votre corps au niveau moléculaire », lance Aled Edwards, de la University of Toronto.
Il entend par‑là que le rôle et le fonctionnement des protéines humaines restent en grande partie inconnus. Cela pose problème, puisque les protéines influent sur tous les aspects du métabolisme humain et que les médicaments doivent généralement interagir avec elles pour faire effet.
Le Structural Genomics Consortium (connu en français sous le nom Consortium de génomique structurelle), sous la direction de M. Edwards, a cependant entrepris de lever le voile sur le monde secret des protéines. Plutôt que d’adopter une approche traditionnelle, c’est‑à‑dire de se pencher sur une seule protéine à la fois, le consortium les synthétise par milliers au moyen des données provenant du séquençage d'ADN. Ils étudient ensuite les résultats au moyen de technologies exotiques comme la cristallographie aux rayons X et la résonance magnétique nucléaire, à la recherche de protéines présentant une structure tridimensionnelle nouvelle ou inhabituelle. Car dans cette structure se cache la clé du fonctionnement des protéines et de leurs interactions éventuelles avec différents médicaments. Si l’examen préliminaire d’une structure particulière suggère une fonction primordiale pour la santé humaine, les chercheurs entreprennent alors d’en détailler la forme.




