Qu’ont en commun la gorge humaine, une cheminée industrielle et l’océan Pacifique?
C’est une question très sérieuse. La gorge, les cheminées industrielles et le Pacifique soulèvent tous trois d’épineuses questions qui ont rapport à la dynamique des fluides. Et tous trois livrent leurs secrets grâce à la puissance de calcul du High Performance Computing Virtual Laboratory (HPCVL) de l’Ontario. Installé à la Queen’s University, à Kingston, ce laboratoire informatique de haute performance met sa capacité de calcul au service des chercheurs de l’Ontario et d’ailleurs au Canada.
Le professeur Andrew Pollard, de la Queen’s, utilise depuis cinq ans les ressources du HPCVL afin d’étudier le comportement des courants aériens très rapides. Ses travaux pourront avoir des retombées dans des domaines aussi variés que les cheminées d’usines et les inhalateurs pour asthmatiques — et M. Pollard a travaillé dans les deux domaines. Les facteurs influant sur l’écoulement de l’air sont complexes. « Les études empiriques en laboratoire ne suffisent pas », explique M. Pollard. « Il faut absolument recourir à des modèles mathématiques pour rendre adéquatement compte de toutes les variables, mais cela suppose une puissance phénoménale de calcul. »
Une puissance que le HPCVL peut fournir. Constituée de 11 ordinateurs Sun, la grappe centrale du HPCVL conjugue la puissance de 408 processeurs et de 1,2 téraoctet de mémoire. D’ici 2008, le nombre de processeurs sera porté à 2 200, ce qui permettra au laboratoire d’effectuer un ahurissant 18 billions de calculs à la seconde.



Les capteurs d’ARGO - plus de 2 000 dans le monde - passent la majeure partie de leur temps immergés à une profondeur pouvant atteindre 2 000 mètres mais font périodiquement surface pour transmettre leurs données par satellite. Dans le cadre du programme international ARGO, le Canada déploie des capteurs dans le golf de l’Alaska.