La langue au chat
Des travaux de recherche vétérinaire en cours à l'Université de Guelph pourraient nous fournir de nouvelles armes dans la lutte contre le sida.

C'est un sigle qu'on voit pratiquement tous les jours dans les journaux : VIH. Mais savez-vous à quoi il correspond?
Cela pourrait prendre un moment, mais vous finirez probablement par trouver la réponse : il s'agit du « virus de l’immunodéficience humaine », qui cause le sida chez l'être humain.

Le sigle FIV, par contre, pourrait vous donner plus de fil à retordre.

Il représente le « virus de l’immunodéficience féline », qui s'attaque au système immunitaire des chats. Bien que le FIV ne soit pas aussi connu, il pourrait nous aider à percer les mystères de son équivalent humain.

C'est ce qu'espère Dre Dorothee Bienzle, professeure agrégée de pathologie vétérinaire au Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario, à l'Université de Guelph. « Les virus de l'immunodéficience s'attaquent aussi aux animaux, explique Dre Bienzle, et bon nombre d'entre eux constituent un bon modèle d'étude de l'infection humaine par le HIV. Le virus félin est particulièrement utile à cet égard. »

Un des aspects qui nous intéressent, c'est que les chats infectés par le FIV peuvent rester sans symptôme jusqu'à dix ans. Chez l'être humain, le virus de l'immunodéficience exerce souvent son effet dévastateur beaucoup plus tôt. « Si nous réussissons à comprendre pourquoi le mécanisme morbide n'est pas le même chez les deux espèces, je pense que nous pourrons contribuer à la lutte contre le sida. » Dre Bienzle met l’accent sur le rôle de deux types de leucocytes dans l’infection au FIV : les cellules dendritiques, qui provoquent une réaction immunitaire; et les macrophages, qui se nourrissent d’agents pathogènes et de débris cellulaires.

Pour mener ses recherches, Dre Bienzle utilise de l'équipement spécialisé acquis en partie grâce à un investissement du Fonds ontarien pour l’innovation. Son laboratoire contient des outils de pointe tels qu'un microdissecteur laser, qui lui permet d'isoler des cellules ou des groupes de cellules au microscope pour les soumettre à des essais, ainsi qu'un instrument de réaction en chaîne de la polymérase quantitative, qui permet de reproduire de courtes sections d'ADN en grandes quantités – ce qui est utile pour l'identification des maladies infectieuses.

Les chats – et leurs maîtres – seront sans doute les premiers à bénéficier des travaux de recherche de Dre Bienzle sur le FIV. Ses travaux mèneront notamment à un traitement plus efficace du virus de la leucose féline, qui tue plus de chats que n'importe quelle autre maladie infectieuse. Mais Dre Bienzle ne cesse jamais de penser aux implications plus vastes.

« Le fait de comprendre l’interaction du virus félin avec l’organisme hôte aux niveaux cellulaire et moléculaire pourrait nous fournir d’importants indices sur la façon de prévenir et de traiter ce genre d’infection chez tous les animaux, y compris l’être humain. »

Projet : Tissue Microdissection and Analysis for Animal Health and Research
Institution : Ontario Veterinary College, University of Guelph
Disciplines : Health Sciences
Chercheur principal : Dorothee Bienzle
Investissement du Fonds ontarien pour l'innovation : 399 976 $
Investissement de la Fondation canadienne pour l'innovation : 399 976 $
Investissement global dans la recherche, toutes les sources
de financement confondues :
999 940 $



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