Voyage sur Mars : à notre façon
Brendan Quine, chercheur à l’Université York, veut réaliser un exploit en matière d’exploration spatiale – à la manière canadienne.
« Nous prévoyons actuellement un voyage vers Mars. »

Si le projet d’auto-stop interplanétaire de Brendan Quine, Ph.D. et chercheur à l’Université York, se concrétise, le Canada pourrait devenir la troisième nation sur Terre à envoyer avec succès un engin spatial sur un autre corps céleste. M. Quine est le chef du projet Northern Light, un effort
entièrement canadien visant à poser un astromobile sur Mars. Ce projet pourrait se réaliser l’an prochain ou peu de temps après, si la mission peut profiter du départ d’une fusée russe ou européenne.



Le paquet de la mission Northern Light est typiquement canadien – modeste mais totalement innovateur. L’astromobile ne pèse qu’un peu plus de six kilogrammes, mais est doté d’un spectromètre, d’un géoradar et d’outils de creusage pour recueillir et broyer des échantillons qui seront analysés au moyen d’un microscope à bord.

Le système d’atterrissage présente d’autres innovations. La technologie unique du coussin gonflable permettra un atterrissage en douceur de la sonde dans un rayon de deux mètres de son point d’impact. À titre de comparaison, avec le système utilisé actuellement par la NASA, la charge utile rebondit jusqu’à 15 fois sur une distance d’un kilomètre ou plus, ce qui réduit la précision de l’atterrissage et augmente les risques de dommages.

Pour atteindre avec succès la planète rouge, la sonde doit résister à une gamme de stress, allant de l’intense vibration au lancement à la composition chimique étrangère de l’atmosphère martienne. C’est là que l’infrastructure financée en partie par le Fonds ontarien pour l’innovation joue un rôle clé. Grâce à la nouvelle installation de test des technologies spatiales à l’Université York, les scientifiques peuvent soumettre la sonde à toutes les conditions auxquelles elle sera exposée durant son voyage, en utilisant une grande chambre à vide et une table de vibration sophistiquée. « C’est une chance unique, affirme M. Quine, que tout cet équipement soit regroupé dans un environnement universitaire. » Le secteur privé s’intéresse également aux travaux de recherche. « Nous faisons de plus en plus de travaux de recherche pour les sociétés canadiennes du secteur aérospatial telles que ComDev et MDA. »

M. Quine garde également un œil sur les applications terrestres de la recherche spatiale. Dans le contexte de son entreprise spécialisée dans la technologie, Thoth, il développe la technologie satellite « Argus » vouée à la surveillance de l’environnement. Le système met à profit certaines techniques de miniaturisation utilisées dans l’élaboration de la sonde martienne : d’un poids de seulement 235 grammes, le spectromètre intégré effectue le travail d’un instrument terrestre de 20 kilogrammes et peut repérer des sources de gaz à effet de serre dans un rayon d’un kilomètre. À une époque prochaine où les crédits d’émissions échangés à l’échelle internationale vaudront des dizaines de milliards de dollars, la capacité de vérifier de façon indépendante la provenance des émissions sera importante pour aider à déterminer qui est admissible ou non à ces crédits – et un réseau de satellites utilisant la technologie Argus pourrait donner une longueur d’avance au Canada.

« Il n’est pas possible d’innover en apportant de très petits changements aux technologies existantes, explique M. Quine, en faisant référence au module novateur d’atterrissage élaboré dans le cadre du projet Northern Light. Dans les secteurs de recherche tels que l’exploration spatiale, vous devez sortir des sentiers battus – très loin des sentiers battus. »
Projet : Space Test Instrument Laboratory
Institution : York University
Disciplines : Natural Sciences
Chercheur Principal : Brendan Quine
Investissement du Fonds ontarien pour l’innovation : 244 699 $
Investissement de la Fondation canadienne pour l’innovation : 244 699 $
Investissement global dans la recherche, toutes les sources
de financement confondues :
611 747 $

 

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L’équipe de la mission canadienne vers Mars met à l’essai sa sonde sur une table de vibration et dans une chambre à vide financées en partie par le Fonds.

Le spectromètre du satellite Argus pèse un centième
du poids d’un instrument terrestre équivalent.