Abattre les cloisons
Kevin Burns dirige un nouveau type de centre de recherche à l’Université d’Ottawa qui favorise l’interaction des scientifiques entre eux – et avec les patients.
« Par le passé, le cloisonnement était une caractéristique de presque tous les projets de recherche sur les maladies du rein », indique Dr Kevin Burns, en invoquant un terme couramment utilisé de nos jours pour décrire des entreprises isolées. Mais la métaphore – inspirée de la terminologie de l’architecture – semble particulièrement opportune lorsqu’elle est utilisée par Dr Burns, puisqu’il dirige une installation nouvellement construite où l’on privilégie une démarche scientifique totalement opposée.

Le Centre de recherche sur le rein, situé dans une nouvelle aile du Centre des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa, ne favorise aucunement le cloisonnement. Les scientifiques provenant de nombreuses disciplines travaillent côte à côte dans des laboratoires décloisonnés. Et peut-être plus
important encore, les patients atteints de maladies du rein ne sont qu’à quelques corridors de distance des laboratoires.

« Un de nos principaux objectifs au Centre, affirme Dr Burns, est d’abattre les cloisons entre les types traditionnels de recherche biomédicale pour nous permettre de réellement travailler ensemble. » Dans ce cas, le pronom « nous » correspond à six scientifiques principaux et à leurs attachés de recherche de niveau postdoctoral, représentant un éventail remarquable de disciplines. De la modélisation animale à la conception d’essais cliniques, sans oublier les études moléculaires, leurs secteurs d’expertise sont complémentaires, ce qui permet à chaque chercheur d’être une ressource pour les autres. Dans ce type d’environnement de collaboration, la recherche avance sur plusieurs fronts, incluant la relation entre le diabète et les maladies du rein et l’effet des maladies du rein sur les vaisseaux sanguins et la tension artérielle, et vice versa.

L’installation de 15 000 pieds carrés, financée en partie par une subvention du Fonds ontarien pour l’innovation, est dotée d’une gamme complète d’instruments sophistiqués nécessaires dans le domaine de la recherche biomédicale fondamentale. Mais à de nombreux égards, la localisation du Centre – à proximité de l’unité de traitement des maladies du rein de l’Hôpital d’Ottawa – est peut-être son principal atout. « Nous avons ici un très important programme clinique, auquel participent de très nombreux patients, explique Dr Burns, ce qui nous donne un excellent accès aux données des patients et nous permet de les étudier directement au laboratoire. »

La proximité de l’hôpital donne également aux scientifiques chercheurs une perspective décloisonnée des différents fronts du traitement des maladies du rein. Trois des six scientifiques principaux prennent également soin de patients. Et dans un programme novateur créé en 2007, tous les nouveaux boursiers de recherches postdoctorales – habituellement des scientifiques sans formation médicale formelle – sont invités à passer une semaine au service des maladies du rein, où ils peuvent interagir avec les patients et être exposés aux réalités du travail clinique. « Nous ne nous attendons pas à ce qu’ils deviennent des médecins, indique Dr Burns, mais ils apprennent le angage clinique. De plus, ceci permet aux médecins d’entendre parler de ce qui se passe au laboratoire et d’apprécier ce volet du travail. »

Partout au Centre, les concepts et l’expérience clinique sont étroitement liés, ce qui aide à justifier clairement l’importance de la recherche. « Je passe beaucoup de temps à m’occuper de patients atteints de maladies du rein – je suis à leur chevet environ 25 pour cent de mon temps, explique Dr Burns. Ce contact a toujours été ma source de motivation. »
Projet : Infrastructure for Kidney Research Centre
Institution : University of Ottawa
Disciplines : Health Sciences
Chercheur Principal : Kevin Burns
Investissement du Fonds ontarien pour l’innovation : 3 451 485 $
Investissement de la Fondation canadienne pour l’innovation : 3 451 485 $
Investissement global dans la recherche, toutes les sources
de financement confondues :
8 629 611 $

 

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