Profiter davantage du pouvoir magique
Un des plus anciens traitements anticancéreux pourrait-il être encore plus efficace? David Jaffray, Ph.D. et chercheur au University Health Network, croit que oui – beaucoup plus efficace.
« Pour combattre une maladie interne, nous utilisons quelque chose qui n’a ni goût ni odeur et qui n’affecte pas physiquement le patient. »

David Jaffray, Ph.D. et chercheur au University Health Network – ne décrit pas ainsi un traitement douteux de type nouvel âge. Il parle du pouvoir presque magique d’un outil que les médecins utilisent depuis plus d’une centaine d’années : la radiation.

Malgré son efficacité, la radiothérapie a toutefois toujours eu un inconvénient majeur : la destruction des tissus sains autour d’une tumeur. Au cours de la dernière décennie, toutefois, des percées dans les domaines de l’imagerie médicale, de l’informatique et de la robotique ont permis d’améliorer considérablement la capacité à cibler uniquement les cellules cancéreuses. « Nous
pouvons atteindre des cibles beaucoup plus petites et éviter du même coup les tissus sains », explique M. Jaffray.

Avec ses collègues, il participe à l’exploration des frontières de la radiothérapie de plus en plus précise au STTARR – de l’anglais Spatio-Temporal Targeting and Amplification of Radiation Response – une installation hébergée à l’Hôpital Princess Margaret de Toronto et financée en partie par un investissement du Fonds ontarien pour l’innovation. « Cette installation est unique au monde, indique M. Jaffray. On y mène des recherches dans de nombreux domaines, la radiothérapie, tous les types de technologie d’imagerie inimaginables, les études cellulaires, l’informatique, la robotique – qui nous permettent tous de mieux comprendre l’interaction avec la radiologie et la biologie. »

La compréhension de ces interactions précises – particulièrement à l’échelle cellulaire – n’était pas à ce point importante lorsque la radiothérapie était un instrument relativement imprécis. Mais tout comme un sculpteur doit avoir une compréhension de plus en plus détaillée de son matériau à mesure que son travail se précise, nous devons faire de même avec les appareils qui perfectionnent l’art de la guérison en permettant une radiothérapie toujours plus précise. En fait, la capacité d’un traitement plus ciblé pousse les chercheurs tels que M. Jaffray à poser des questions complètement différentes. Si nous n’avions pas à nous inquiéter pour les tissus sains, quelle est la dose la plus élevée que nous pourrions administrer? À quelle fréquence peut-elle être administrée? Et que se passe-t-il exactement dans une cellule cancéreuse exposée à une radiothérapie plus intense? Ils cherchent également à déterminer pourquoi certains patients réagissent différemment au même traitement. Comment nos nouvelles connaissances en génétique peuvent nous aider à mieux comprendre les raisons? Et comment ces connaissances peuvent être utilisées pour concevoir des traitements de radiothérapie non seulement très ciblés, mais également très personnalisés?

Pour répondre à ces questions, une approche interdisciplinaire est nécessaire; M. Jaffray, un physicien, travaille en étroite collaboration avec ses collègues Michael Milosevic, Ph.D., un ingénieur devenu médecin, et Robert Bristow, Ph.D., un physicien et biologiste. Ce qu’ils ont trouvé pourrait mener à l’élaboration d’une radiothérapie nettement plus efficace – et peut-être moins coûteuse.

« De nos jours, un patient atteint d’un cancer de la prostate pourrait devoir recevoir plus de 40 traitements, explique M. Jaffray. Mais nous pourrions réduire ce nombre à 20, ce qui permettrait également de traiter davantage de patients avec le même nombre de machines. »

Il ne fait aucun doute que plusieurs lapins devront encore être sortis du chapeau magique de la radiation. « Je crois qu’au cours des dix prochaines années, nous allons pousser au maximum le rendement de ces traitements, prévoit M. Jaffray. Nous pourrions observer une amélioration de 15 pour cent dans la lutte contre le cancer sans augmenter la toxicité du traitement. « Tout le monde veut un super traitement, mais je serais satisfait d’une hausse de 15 pour cent – ce qui représente beaucoup de gens. »
Projet : Spatio-Temporal Targeting and Amplification of Radiation Response (STTARR) Innovation Centre
Institution : University Health Network
Disciplines : Engineering/Health Sector
Chercheur Principal : David Jaffray
Investissement du Fonds ontarien pour l’innovation : 2 682 788 $
Investissement de la Fondation canadienne pour l’innovation : 3 893 177 $
Investissement du Fonds pour la recherche en Ontario : 1 210 389 $
Investissement global dans la recherche, toutes les sources
de financement confondues :
9 824 217 $

 

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