Un accident est si vite arrivé.
Vous jetez un second coup d’œil à ce ravissant mannequin sur le panneau d’affichage. Vous vérifiez le numéro de la
personne qui vous appelle sur votre cellulaire. Vous regardez le GPS du coin de l’œil pour savoir où vous devez tourner. Vous…
Et bang. Trop tard. Il n’y a rien d’autre à dire : « Honnêtement Monsieur l’agent, je ne l’ai tout simplement pas vu! »
Lana Trick sait très bien qu’une distraction peut être à l’origine d’un accident de voiture, mais ce n’est pas parce qu’elle est une mauvaise conductrice. Mme Trick, Ph.D. et psychologue à l’Université de Guelph, cherche des façons de réduire le risque de collision en améliorant l’environnement de conduite à l’intérieur des voitures de demain.
À l’aide d’un simulateur sophistiqué installé sur la carrosserie d’une berline de marque Saturn, Mme Trick et ses collègues peuvent reproduire une gamme étendue de sources de distraction à l’intérieur et à l’extérieur de la voiture. Et les résultats de ses recherches pourraient très bien influer sur la façon dont vous conduirez votre prochain véhicule.
Ses observations remettent en question, par exemple, la règle de conception couramment acceptée voulant que toute tâche secondaire dans une voiture – allumer la radio, consulter le GPS – ne devrait pas prendre plus de 15 secondes au total. « Nous avons constaté que même si le temps nécessaire pour effectuer une tâche peut permettre de prédire certains éléments du risque de collision, il ne permet pas d’en prédire d’autres. Il est donc
nécessaire pour les personnes engagées dans la conception des mécanismes de
contrôle d’utiliser plusieurs critères plutôt que de se fier uniquement à la règle des 15 secondes. »
Dans le cadre de ses recherches sur les nouvelles technologies anticollision, Mme Trick et les membres de son équipe font également l’essai de systèmes d’avertissement – sonores et visuels – conçus pour prévenir les conducteurs de la présence d’obstacles sur le trajet. Fidèles à la tradition canadienne, les chercheurs ont appelé le projet le « détecteur d’orignaux »
« Je n’aurais absolument pas pu étudier ces choses sans un simulateur de conduite », affirme Mme Trick, en
commentant l’importance de l’investissement du Fonds pour ses travaux de recherche. « D’une part, ajoute-t-elle en rigolant, il est assez compliqué de convaincre un orignal de participer au projet. D’autre part, les conducteurs – et
l’orignal – passent un mauvais moment lorsque l’expérience n’est pas concluante. »

Mme Trick et ses collègues utilisent également le
simulateur pour comprendre les difficultés liées à la conduite rencontrées par des groupes d’âge particuliers. Un projet met l’accent sur les effets des médicaments utilisés pour traiter le THADA chez les jeunes conducteurs. Un autre vise à évaluer l’incidence des systèmes de navigation automobile sur les conducteurs de plus de 65 ans. À ce jour, les observations indiquent qu’ils ne sont pas plus distraits par les messages audio et vidéo que les plus jeunes automobilistes.
Presque tous les
projets de recherche arrivent à la même conclusion. « La distraction cognitive peut entraîner des collisions, affirme Mme Trick sans équivoque. Même avec les yeux rivés sur la route et les deux mains sur le volant, il est toujours possible que vous entriez en collision avec des objets qui sont droit devant vous. »