Il y a parfois foule dans le cyberespace de nos jours. Demandez aux chasseurs d’extra-terrestres dans les corridors souterrains d’un jeu en réseau sur Internet.
Toutefois, partager un environnement virtuel avec d’autres demande encore une bonne dose d’imagination. Et voilà où Nicolas Georganas se propose de faire une différence. M. Georganas est le directeur du laboratoire DISCOVER à l’Université d’Ottawa – financé en partie par le Fonds ontarien pour l’innovation – et ses travaux visent notamment à créer ce qu’il appelle des « environnements virtuels distribués et collaboratifs ». Autrement dit, des environnements simulés où des gens éparpillés dans une ville ou à travers le monde pourront travailler ensemble à la réalisation d’une tâche.
Ces environnements seront pleinement immersifs. M. Georganas prévoit que les écrans, manettes et casques d’écoute relativement primitifs d’aujourd’hui seront remplacés par une technologie sensitive en mesure de recréer tout environnement. « Tous les sens seront sollicités – le toucher, la vue, l’ouïe et même l’odorat. Si vous prenez un café, je pourrai le sentir. » Ainsi, dans ces véritables environnements de réalité virtuelle, les gens pourront interagir et travailler ensemble dans un contexte plus réaliste qu’auparavant.
Même si ce type de simulation continue n’est pas pour demain, certains projets menés dans le laboratoire DISCOVER nous renseignent un peu sur ce que l’avenir nous réserve.
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Un projet en cours d’élaboration permettra aux résidents en chirurgie de perfectionner leurs compétences en matière de chirurgie de la cataracte avant même de poser la main sur un véritable patient. Le système utilise un dispositif « haptique » qui fournit une rétroaction tactile essentielle. « Ils auront véritablement la sensation de saisir un scalpel, de couper la cornée, de coudre en place la nouvelle lentille et ainsi de suite », explique M. Georganas.
Les chercheurs du laboratoire ont également élaboré un système de formation collaborative pour une entreprise qui fournit une technologie sophistiquée de réseautage à des clients de par le monde. En utilisant des outils de RV traditionnels tels que des écrans et des manettes, le système permet à un formateur en poste à Ottawa de
travailler en temps réel avec un stagiaire en Chine, par exemple, pour passer en revue le processus de remplacement des pièces électroniques délicates.
Au bout du compte, les possibilités sont aussi nombreuses que l’éventail de situations dans lesquels les humains doivent interagir. Selon M. Georganas, la réalité virtuelle collaborative pourrait jouer un rôle dans les communications interpersonnelles, le commerce électronique, l’exploration, la fabrication et dans toute sorte de contextes dangereux tels que l’exploitation minière. La technologie ne sera pas mise au point du jour au lendemain, mais il est optimiste quant au rythme de développement. « Les interfaces du futur s’en viennent, indique-t-il, et elles arriveront plus rapidement que nous l’avions prévu. »