Assurer la qualité de l’eau à distance
Les pénuries d’opérateurs d’installation de traitement de l’eau sont à l’origine de catastrophes dans les petites collectivités. Selon Subhash Verma, chercheur du Sault College, la réponse au problème consiste à former un nouveau type d’opérateur à distance.

Le 27 octobre 2005 est une date que les résidents de Kashechewan ne sont pas prêts d’oublier. Ce jour-là, des avions ont commencé à se poser dans la minuscule collectivité à 400 kilomètres au nord de Timmins pour porter secours aux nombreux résidents qui étaient tombés malades en raison de la contamination de la source d’approvisionnement en eau. Au bout du compte, plus de 800 personnes ont été évacuées.

Malheureusement, il est peu probablement que la catastrophe de Kashechewan soit la dernière en son genre. Un grand nombre de collectivités isolées au Canada ont des systèmes inadéquats et inefficaces de traitement de l’eau. Une part important du problème, selon le professeur Subhash Verma au Sault College, est la difficulté de recruter des opérateurs qualifiés d’installation de traitement de l’eau. « Certains collectivités ontariennes sont isolées, et il est difficile de convaincre des gens à s’établir là-bas. »

Toutefois, M. Verma a trouvé une solution potentielle : des usines de traitement de l’eau qui ne requiert pas une supervision continue sur place, mais plutôt un opérateur formé qui supervise la qualité de l’eau dans plusieurs plus petites usines à partir d’une plus grande collectivité en utilisant un lien sans fil bidirectionnel. Des caméras vidéo montées sur des supports motorisés et munies de zooms permettraient à l’opérateur de vérifier les jauges et les mécanismes de contrôle dans les endroits isolés, tout en recevant des renseignements additionnels sur des écrans d’ordinateur et des canaux audio.

« Cette technologie ne peut pas remplacer une personne qui se rend sur place en cas de problèmes, souligne M. Verma. Mais elle fait en sorte que le principal opérateur qualifié ne doit pas demeurer en permanence dans la région éloignée. » Si l’opérateur détecte un problème, il pourrait alerter un employé sur place et dépêcher une technicien plus qualifié.

De nombreuses collectivités en Ontario ont déjà recours dans une certaine mesure à la surveillance à distance pour vérifier la qualité de l’eau, mais la technologie de M. Verma donnerait aux opérateurs un portrait plus global et des renseignements plus détaillés. « Par exemple, nous utilisons un numérateur de particules plus perfectionné qui devrait mieux nous renseigner en cas de problème avec l’eau. »



Une installation pilote – financée en partie par le Fonds ontarien pour l’innovation – a été mis pleinement à l’épreuve sur le campus du Sault College, et la technologie a été mise en oeuvre dans une usine d’essai dans la ville de Desbarats, à l’est de Sault Ste. Marie. Le système ne pourra pas être utilisé à grande échelle avant quelques années, mais entre-temps, M. Verma indique qu’il est également très satisfait de voir dans quelle mesure le projet à permis d’enrichir le programme de formation de techniciens en environnement au College.

« Nous menons ici un grand nombre de projets de recherche excitants, mais ce n’est pas tout ce qui importe, indique-t-il. Il s’agit également d’une excellente occasion pour les étudiants d’acquérir une formation d’opérateurs à l’avenir. Ce programme pratique en environnement est un excellent moyen d’apprentissage. »

Projet : Centre of Excellence for Process Manufacturing: Production of Thermosplastic Elastomers for Thermoforming and Thermoplastic Vulcanizates
Institution : Lambton College of Applied Arts & Technology
Disciplines : Engineering
Chercheur principal : Kim Choo
Investissement du Fonds ontarien pour l’innovation : 722 786 $
Investissement global dans la recherche,
toutes les sources de financement confondues :
1 806 964 $

 

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Le professeur Subhash Verma inspecte l’équipement de traitement de l’eau en compagnie de Ceri Parker, un étudiant du programme de formation de technicien en environnement.