« C’est un peu comme un pilote qui suit une trajectoire de descente pendant un atterrissage de nuit aux instruments. »
Randy Ellis, Ph.D., tente ainsi de décrire comment se déroule une intervention chirurgicale dans les nouvelles installations au cœur du programme d’informatique médicale de la Queen’s University. Situées au Kingston General Hospital, les deux salles d’opération sont équipées de technologies avancées en matière d’informatique et d’imagerie pour aider les chirurgiens à planifier et à exécuter les procédures avec une précision sans précédent.
Une des salles d’opération est la première en Amérique du Nord à être équipée d’un tomodensitomètre. Le tomodensitomètre utilise des rayons x pour créer des images de minces coupes transversales d’os et de tissus mous, puis les assemble pour produire des représentations en trois dimensions. Un tomodensitogramme préopératoire permet aux chirurgiens de créer un modèle informatique de la région touchée du corps du patient – un modèle sur lequel ils peuvent effectuer une intervention chirurgicale virtuelle pour déterminer la meilleure stratégie à adopter en vue de la véritable intervention.
C’est toutefois dans la deuxième salle d’opération que se déroule le scénario d’« atterrissage aux instruments » de M. Ellis. Un système informatisé de caméras vidéo et de détecteurs permet de connaître le positionnement spatial exact des instruments chirurgicaux par rapport au patient. En combinant ces données avec le modèle informatique produit à partir du tomodensitogramme, le système peut fournir aux chirurgiens une image en trois dimensions de ce qu’ils font selon différents angles – qui ne se limitent pas à ce qu’ils voient par l’incision. Et puisque le modèle contient également des images de référence et d’autres renseignements générés au cours de la chirurgie virtuelle, il guide visuellement les chirurgiens à chaque étape de la procédure – la « trajectoire de descente » selon l’analogie de M. Ellis.
Les deux salles d’opération – financées en partie grâce à un investissement du Fonds ontarien pour l’innovation – représentent le point culminant de plus d’une décennie de recherches menées par M. Ellis et ses collègues dans le domaine de la chirurgie assistée par ordinateur. Même si les travaux ont principalement porté sur les interventions orthopédiques, M. Ellis prévoit une vaste gamme d’applications pour la nouvelle technologie de salles d’opération. « Nous pourrons tabler sur les connaissances que nous avons acquises en orthopédie et les transposer aux interventions visant les tissus mous de l’organisme. Le tomodensitomètre, par exemple, sera un outil très utile pour guider le traitement immédiat d’un accident vasculaire cérébral. »
À son avis, ces types d’outils chirurgicaux représentent l’avenir du traitement des traumatismes généralisés. « Nous pourrons utiliser le tomodensitomètre pour repérer les lésions cérébrales et les blessures générales à la tête, de même que pour localiser toute hémorragie abdominale et fracture. » Ces données pourraient être utilisées conjointement avec la technologie de suivi optique dans la salle suivante pour guider l’intervention chirurgicale d’urgence. « C’est un système parfait », explique M. Ellis.
« Ce type de technologie nous permettra de fournir des soins de santé réellement innovateurs. »