À l’aube d’une carrière de chercheure en physique, la jeune scientifique Cecile Fradin, Ph.D., se trouvait face à un dilemme.
« J’aimais la physique, indique Mme Fradin, parce qu’elle nous permet potentiellement de comprendre le fonctionnement de l’univers. Mais j’avais l’impression que toutes les découvertes importantes avaient été faites il y a une centaine d’années et que la recherche de nos jours ne permettait que de préciser des détails. »
De plus, la physique moderne mettait l’accent sur la théorie et sur des dimensions de la réalité qui tendent vers l’incroyablement petit ou vers l’inconcevablement grand. « J’aime voir ce que je fais », explique Mme Fradin.
Elle a trouvé sa voie dans le domaine de la biophysique – une discipline hybride qui applique les principes de la physique aux fonctions biologiques. Puisqu’il s’agit d’un domaine relativement récent, il est toujours possible de faire des découvertes importantes. De plus, les champs d’expérimentation lui paraissaient plus attrayants. « Dans ce domaine, on peut voir ses échantillons au microscope. »
Mme Fradin a commencé ses travaux à la McMaster University en s’intéressant au mouvement des protéines dans une cellule et en particulier à la façon dont les protéines entrent et sortent du noyau. Ses travaux l’ont amenée à collaborer avec David Andrews, Ph.D et biochimiste à la McMaster Université, pour effectuer des recherches sur un autre volet du mouvement des protéines – le mouvement des protéines aux premiers stades de l’apoptose ou de la mort cellulaire. L’apoptose est un processus naturel qui permet à l’organisme d’éliminer les cellules malades ou aberrantes. Lorsque ce processus échoue, le résultat peut être le cancer. La compréhension du rôle des protéines dans la mort cellulaire pourrait jeter de la lumière sur les nouvelles approches en matière de traitement du cancer.
La recherche d’un traitement contre le cancer pourrait également tirer partie d’un autre projet de recherche de Mme Fradin. Elle cherche une façon de déposer un échantillon de cellules cancéreuses d’un patient sur une puce d’essai « microfluide ». Les minuscules canaux sur la puce permettraient d’administrer aux cellules de l’échantillon une quantité précise de divers médicaments ou d’autres substances. La technologie permettrait aux médecins de mettre à l’essai de multiples traitements potentiels de façon préalable, sûre et rapide. Mme Fradin cherche particulièrement à trouver une façon de mesurer et de maintenir des températures précises sur les puces microfluides – une tâche essentielle pour maintenir en vie les cellules de l’échantillon, mais très difficile dans un environnement fortement miniaturisé.
Toutefois, ce type de défis renforce sa décision de travailler dans le domaine de la biophysique. « Si je travaillais dans le domaine de la physique ou du génie, indique-t-elle, mes recherches permettraient peut-être de fabriquer un meilleur réfrigérateur. Je suis plus heureuse de faire quelque chose qui pourrait réellement contribuer à améliorer la santé humaine, à améliorer le sort de l’humanité. »