Espace vert
Comment survivront les premiers explorateurs à poser le pied sur Mars? Une solution germe à la University of Guelph, dans le laboratoire de Mike Dixon.

« Pour explorer Mars, les astronautes auront besoin d’équipement autosuffisant d’entretien de la vie, indique Mike Dixon, Ph.D. Car étant donné la distance, il sera inconcevable de les ravitailler. »

La solution passera peut-être par l’importation d’une touche de vert sur la planète rouge. M. Dixon met à l’essai une technologie qui pourrait un jour peut-être permettre aux premiers explorateurs de Mars de cultiver leurs propres aliments. La serre martienne – entretenue par un astronaute canadien en mission spécialisé en horticulture – permettrait de fournir à l’équipe un menu qui pourrait comprendre du riz, des oignons, des tomates, du soja, des pommes de terre, de la laitue, des épinards, du blé et des algues riches en protéines. Le système aiderait également à recycler et à purifier les réserves d’eau et d’air de la mission.

M. Dixon et ses collègues explorent les possibilités à la Controlled Environment Systems Research Facility de l’université – un laboratoire financé en partie par le Fonds ontarien pour l’innovation. Les scientifiques au laboratoire cultivent des plantes dans une série de chambres hypobares – à basse pression. Les conditions à l’intérieur de chacune des chambres hautes d’environ 2,5 mètres sont contrôlées par un système informatisé qui permet aux chercheurs de faire varier l’arrosage, le taux d’humidité, les niveaux de gaz carbonique et la pression atmosphérique.

« En ce moment, nous travaillons à déterminer quelle est la pression minimale requise par les plantes, explique
M. Dixon. Une pression basse signifiera un système de culture moins massif sur Mars, dont le transport demandera moins d’énergie et d’argent. »

Un type de serre gonflable semble être une option intéressante; les futures missions lunaires seront vraisemblablement une occasion d’évaluer les premiers prototypes. « La Lune est un bon endroit pour tester la technologie en raison de sa proximité, explique M. Dixon. Dans une dizaine d’années environ, les humains y cultiveront probablement des plantes – et dans 20 à 30 ans, il y aura probablement des cultures sur Mars. »

Le programme de la University of Guelph a déjà des retombées ici, sur terre. Par exemple, Air Quality Solutions Inc., une entreprise dérivée mise sur pied grâce à la bourse Martin Walmsley des Centres d’excellence de l’Ontario, a utilisé ses recherches afin de créer pour les immeubles un système de filtration d’air partiellement végétal. La technologie a de nombreuses applications, allant des tours à bureaux aux ménageries spatiales.

D’autres nouveaux projets de recherche menés avec des partenaires de l’industrie comprennent l’élaboration de supports de croissances recyclables pour la production en serre, de détecteurs pour surveiller la qualité de l’eau et des effluents et de méthodes de désinfection de l’eau respectueuses de l’environnement fondées sur l’utilisation d’ozone dissout.

« Notre programme, explique M. Dixon, vise à satisfaire les exigences techniques de l’exploration de l’espace, mais il est mû par les transferts technologiques à l’industrie et les retombées terrestres ».

Projet : Biological Systems for Terrestrial and Space Applications
Institution : University of Guelph
Disciplines : Life Sciences
Chercheur principal : Mike Dixon
Investissement du Fonds ontarien pour l’innovation : 3 150 000 $
Investissement de la Fondation canadienne pour l’innovation : 3 150 000 $
Investissement global dans la recherche,
toutes les sources de financement confondues :
7 875 000 $

 

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