« Il faut voir plus loin que l’automobile », déclare Brant Peppley, directeur du Centre de recherche sur les piles à combustible Queen’s-CMR de Kingston.
« Les gens demandent toujours pourquoi les voitures à pile à combustible ne sont pas encore disponibles. »
M. Peppley souligne qu’en fait, les piles à combustible commerciales sont de plus en plus présentes autour de nous. Elle alimentent une nouvelle génération de véhicules spécialisés, dont les chariots élévateurs à fourche, et remplacent les groupes électrogènes diesels comme source d’alimentation de secours.
Et ce n’est qu’un début. M. Peppley prédit que, d’ici dix ans, les piles à combustible joueront un rôle majeur dans l’alimentation énergétique des résidences. Elles s’intégreraient particulièrement bien à une stratégie décentralisée sur les énergies renouvelables. Des piles solaires sur le toit d’une maison, par exemple, pourraient fournir l’énergie nécessaire pour convertir l’eau en hydrogène combustible durant le jour; une pile à combustible reconvertirait ensuite l’hydrogène en électricité durant la nuit. En prime, l’énergie thermique produite par la pile aiderait à chauffer la maison.
« Le principal obstacle est le coût, précise M. Peppley, et le coût dépend en grande partie du prix du catalyseur de platine. » Les piles à combustible ont besoin d’un catalyseur pour amorcer la réaction chimique qui produit l’électricité. Les travaux réalisés au Centre de recherche sur les piles à combustible Queen’s-CMR visent notamment à réduire la quantité de catalyseur nécessaire tout en préservant la fiabilité de la pile à combustible. M. Peppley s’emploie également à développer des piles qui fonctionneront au biogaz dégagé par les sites d’enfouissement et les stations d’épuration des eaux usées et réduiront ainsi les émissions de gaz à effet de serre. Les installations de laboratoire sophistiquées du Centre – une coentreprise du Collège militaire royal et de l’Université Queen’s – sont financées en partie par un investissement du Fonds ontarien pour l’innovation.
Mais qu’en est-il de la voiture à pile à combustible? M. Peppley reste confiant à cet égard, mais il fait un autre lien intéressant entre les piles à combustible et les voitures.
« L’industrie automobile nord-américaine semble en perte de vitesse. L’Ontario offre pourtant une infrastructure des plus robustes. Les piles à combustible permettraient de tirer parti de cette infrastructure en mettant la capacité de fabrication de l’industrie au service de l’énergie propre. Au lieu de voitures à pile à combustible, nous pourrions fabriquer des générateurs à pile à combustible et mettre cette technologie à la disposition du monde entier. »