Ellie Prepas étudie les cours d’eau qui traversent les forêts du Nord de l’Ontario afin de lire 200 ans dans le futur.
Mme Prepas et son équipe surveillent dix emplacements éloignés. Au moyen d’instruments et de petites structures de contrôle, ils recueillent des données très précises sur le débit et la température des cours d’eau, de même que sur les solides et nutriments (phosphore et nitrogène) en suspension, dans différentes conditions.
Les données des dix emplacements servent à la mise au point d’un logiciel qui permettra l’élaboration de plans de gestion forestière à très long terme. Comme ces plans peuvent s’étendre sur de très longues périodes, les forces dynamiques sont complexes et liées entre elles, particulièrement en ce qui concerne l’eau. Les pratiques de déboisement affectent les ressources en eau qui, à leur tour, affectent le nombre d‘arbres qui peuvent être abattus.
C’est à cette étape que le logiciel de Mme Prepas entre en jeu. Ce logiciel s’appuiera sur un modèle incorporant les principales forces dynamiques qui interviennent dans les bassins forestiers du Nord de l’Ontario – bassin forestier s’entend ici d’une zone forestière drainée par un même réseau de cours d’eau. Le modèle prendra en considération l’information recueillie aux emplacements de contrôle ainsi que des données météorologiques et des observations sur la nature du sol, la végétation et les espèces animales clés. Les entreprises d’exploitation forestière et les organismes de réglementation pourront soumettre au logiciel différents scénarios de coupe couvrant jusqu’à deux siècles, puis savoir quels effets ils auront vraisemblablement sur le milieu naturel à long terme.
Le logiciel sera particulièrement utile lorsque le plan de gestion doit être modifié en raison de circonstances imprévues, par exemple une infestation d’insectes ou un feu de forêt. « Tout à coup, explique Mme Prepas, vous devrez réévaluer vos plans afin de déterminer comment et où vous allez récolter le bois et quelles seront les conséquences de vos décisions. Et vous aurez besoin d’un outil capable de prévoir la capacité de régénération de la forêt. » Le nouveau logiciel de modélisation permettra de faire tout cela.
Plusieurs sociétés forestières sont des partenaires enthousiastes de l’initiative de l’Université Lakehead. Le nouveau logiciel bénéficie également de l’adhésion des représentants du gouvernement de l’Ontario, car il les aidera à élaborer des règlements forestiers.
« En fin de compte, déclare Mme Prepas, tout le monde est en faveur d’une gestion responsable de l’environnement. Mais il faut posséder les outils nécessaires à cette fin. »